BoJo et les retraites

Plus fort que Martin Luther King, je viens de faire deux rêves

Ces derniers jours les médias nous ont littéralement assommé avec deux certitudes 

-la prévisible défaite de Boris Johnson, encore plus clown que Trump, 

-le scandale interplanétaire que les régimes spéciaux de retraite constituent en France.

J’y ai vu, premier rêve, une étape fondamentale vers la transition énergétique.

Je m’explique.

On ne cesse de louer l’immense (sic) contribution des éoliennes à la production d’électricité. Or cela me semble négligeable par rapport à la considérable quantité d’énergie que produisent nos journalistes et autres experts, auto proclamés, sur les plateaux de télévision, pour prédire la première et dénoncer la seconde.

Le second rêve a bercé mon indolence de retraité.

J’imaginais la tête de nos journalistes, dédaigneux envers BoJo et révoltés contre la SNCF et la RATP, si d’aventure, le gouvernement, dans un formidable élan de justice sociale et d’équité, supprimait les aides à la Presse et les avantages fiscaux dont bénéficient les journalistes. Nous aurions eu, sur les plateaux et dans les rédactions, une production d’énergie au moins comparable à celle de l’EPR de Flamanville. 

Mais revenons à la réalité

1°- Sur la défaite prévue de BoJo.

Les Anglais, décidément rétifs aux analyses définitives et éclairées de nos médias bien pensants, ont osé aller contre leur prédiction. Et pas qu’un peu. 43 sièges de plus que la majorité absolue, chute des Travaillistes (gauche) et effondrement des Libéraux démocrates chouchou des médias.

Quoique l’on pense du Brexit, bon ou mauvais, je retiens de cette élection qu’une position affirmée, claire et nette, voire brutale, emporte plus facilement l’adhésion du corps électoral que les positions ambigües, louvoyantes, à géométrie variable de nombre de nos politiciens. Alors bien évidemment la bien-pensance fustige le populisme, c’est à dire la volonté souveraine du peuple souverain qui désormais refuse de se laisser contraindre sur les chemins étroits que les zélites veulent lui imposer. C’est le cas en Italie lors des élections régionales, en Hongrie, en Pologne, en Autriche, aux USA, au Brésil, voire en Algérie, de manière différente. Alors immédiatement la caste médiatique se déchaine. Les électeurs sont forcement des débiles mentaux et leur élus au mieux des clowns au pire de futur tyran

2°- Sur la magnifique et sublime réforme des retraites et surtout sur le scandale intergalactique des régimes spéciaux.

Sans tirer sur l’ambulance Delevoye, il s’en ait chargé lui même, faut reconnaitre que le gouvernement, relayé par les médias zozordres, fait fort, en matière d’annonces,de contre annonces, de fausses certitudes, d’approximations, de reniements, d’exemples dévoyés, j’ai failli écrire delevoyés. Bref la cacophonie la plus totale dont je ne suis pas sûr qu’elle ne soit pas voulue pour noyer le poisson et surtout occulter l’un des buts principaux du projet : piquer dans les caisses des régimes indépendants comme celui des avocats par exemple.

Autant je considère qu’il y a de l’ordre à remettre dans les régimes spéciaux, dont une grande part des justifications n’est souvent plus de mise, autant la mise à l’index me semble surjouée et exagérée. Personne ne pellète plus sa tonne de charbon dans une 141R entre Marseille et Lyon. En revanche je peux vous assurer qu’en cabine de TGV entre Lyon et Paris la tension nerveuse est à son comble. Tard le soir pour les voyageurs et toute la nuit pour le fret, des trais circulent sur le réseau, avec des hommes à bord, des régulateurs dans les PC et des aiguilleurs sur les faisceaux.

Un cousin par alliance qui conduisait le métro n’avait pas assez d’un mois de vacances en Corse pour arpenter la montagne en tous sens et se réoxygéner après les 11 mois passés sous terre. 

Il y a, c’est une évidence, des métiers à pénibilité différente, dont il convient de tenir compte. J’ai appris récemment qu’un nombre important de relativement jeunes danseurs des différents corps de ballet, sont déjà largement pourvus en prothèses diverses !!

Cet idéologie de l’universalité est une escroquerie totale. Avec tout le respect que l’on doive aux uns et aux autres, qui a-t-il de commun entre un urgentiste et le magasinier d’une grande surface, entre un Prix Nobel de médecine et un chauffeur de taxi. Ils sont indispensables à la société mais leur degré d’implication n‘est évidemment pas le même. Que l’on assure une retraite décente au magasinier et au chauffeur de taxi, évidemment, mais pourquoi sanctionner celle, considérée trop importante, de l’urgentiste ou du Prix Nobel.

L’encyclique Rerum Novarum (De choses nouvelles), de Léon XIII qui synthétise la doctrine sociale de l’Église devrait être lue et relue, y compris par les anticléricaux les plus acharnés. Y sont affirmées : la notion de juste salaire, celle du droit à la propriété privée, celle du droit de disposer du fruit de son travail, celle du devoir de l’État de protéger toutes les classes de citoyens, et celle de la nécessité de constituer des corporations (syndicats) appropriées aux différents métiers, …… et accessoirement la condamnation du socialisme et du communisme

Écrite en 1890, pour apporter une réponse à « l’anxiété qui règne dans les rapports sociaux », elle n’a pas pris une ride.

Au lieu d’essaye d’élever le débat les médias, notamment télévisuels, en rajoutent : face à une forcement bonne réforme de la macronie jupiterienne, qu’ils sont d’ailleurs incapables d’expliquer dans le détail, notamment pour y débusquer le diable qui s’y cache, ils nous présentent des mauvais français accrochés « ozaquis », qui en refusent l’application, et qui font rien qu’à embêter les gens.

Certes, ce n’est pas totalement faux, mais si le gouvernement s’y était pris moins brutalement, avec plus de méthode, d’honnêteté  et de pédagogie, nous n’en serions certainement pas là.

Mais imaginons un seul instant une réforme de l’aide à la Presse conduisant, entre autre, à la suppression des avantages fiscaux dont les journalistes bénéficient, et les cris d’orfraies que cette réforme susciterait dans la caste médiatique. A chacun « sesaquis »

Il s’agit tout de même, bon an mal an, toutes aides confondues, directes, indirectes ou fiscales, d’un montant de 1,8 milliards d’euros, pour 59000 salariés dont 21000 journalistes

Régulièrement la Cour de Comptes dans un rapport spécifique, dénonce ce système et réclame sa réforme, sans que les journalistes, pourtant prompts à dénoncer le non suivi des rapports de ladite Cour, n’y inclus ce rapport particulier.

Quelques chiffres à méditer sans commentaire

Selon le rapport Delevoye les 11 (et non 41) régimes spéciaux concernent 415000 bénéficiaires pour un coût pour l’État de 8 milliards soit 19000 euros par an, par bénéficiaire.

Le coût annuel pour l’Etat des aides à la presse s’élève à 30 000 euros par salarié

Le coût annuel pour les départements d’un mineur non accompagné, ancien mineur isolé, est de 50000 euros, non compris les 240 millions d’euros que coute leur prise en charge préalable et les 30000 euros d’un contrat d’insertion lorsque le mineur atteint 18 ans !!!

La fraude sociale coûte entre 13 et 45 milliards d’euros

Aujourd’hui, 18 décembre, rien ne permet d’entrevoir ce qu’il est convenu d’appeler la sortie de crise et je ne suis pas sûr que la nomination d’un DRH d’Auchan ramènera le calme. 

La seule certitude c’est que cette séquence laissera des traces profondes dans la société

 

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