La poésie n'est plus ce qu'elle était

Décidément l’individu qui occupe l’Elysée se surpasse tous les jours dans le grotesque et l’ignominie.

Je ne reviendrais pas sur les photos scandaleuses faites pendant son séjour aux Antilles, lascivement enlacé avec deux gibiers de potence, ni celles de la Fête de la Musique dans la cour du palais présidentiel avec d’improbables « artistes » au genre indifférencié.

Non content de ce genre de prestations douteuses, il en a rajouté une couche à l’occasion de son déplacement en Afrique.

Son service de com-munication nous a fait savoir, avec com-plaisance, (même syllabe) qu’il était accompagné d’un autre improbable « artiste » à qui l’on doit une délicieuse ode à la France enjolivée de délicates réparties telles que « Sale fils de pute va niquer ta race » ou encore « J’aime pas les suceurs de bite »

Comme Desproges faisait remarquer que l’on ne disait pas « maman je m’es fait violer » mais « Maman, je me suis fait violer » je me permettrais également une petite correction. On ne doit pas dire « J’aime pas les suceurs de bite » mais « Je n’aime pas les suceurs de bite »

C’est à se demander ce que cet « artiste » a appris à l’école. Ceci dit, vu la virulence du propos, on peut être assuré que lui ne s’est jamais laissé tripoter par son prof.

Donc la fine fleur de la poésie française accompagne Manu en Cote d’Ivoire.

Arrêtons nous d’ailleurs sur ce voyage plein de tendresse et d’attention à l’égard des Africains et de la France.

Une fois de plus, dans un costume décidément trop large pour lui, il nous a produit son numéro favori lorsqu’il est à l’étranger. Dénigrer la France.

« Le colonialisme a été une erreur profonde et une faute de la République »

Il a raison.

Partir à l’aventure combattre le Bey d’Alger sanguinaire parmi les sanguinaires et grand pourvoyeur d’esclaves européens, virer l’occupant ottoman et s’installer dans une contrée aride et désolée, ravagée notamment par la malaria, était à l’évidence une erreur.

Mes ancêtres auraient pu continuer tranquillement à être manœuvrier ou tisserand ou paysan ou chef de musique en Alsace, dans le Bearn en Bourgogne en Corse ou à Provins

Mais qu’est ce qu’il leur a pris d’aimer passionnément cette terre d’Algérie et de l’enrichir de routes, de barrages, de ports, de chemin de fer, d’hôpitaux, d’établissement scolaires, d’université, de productions agricoles diverses et variées, de gazoduc et d’oléoduc, de …., de….. et de faire que grâce à cet engagement la population autochtone est passée de moins de 1 millions d’habitants à plus de 10 millions en 130 ans

Mais pourquoi ma mère s’est-elle échinée à enseigner le français, le calcul, la grammaire, l’histoire et la géographie à des générations de jeunes élèves, Pierre, Manolito, Samuel, Rachid ou Francesco.

Pourquoi Alphonse Laveran, pourquoi Paul Robert, pourquoi Albert Camus, pourquoi le Bachaga Boualem, pourquoi Nafissa Sid Cara, pourquoi le Maréchal Juin, pourquoi Guy Monnerot, pourquoi Claude Cohen-Tannoudji, pourquoi Pierre Benoit et pourquoi tant d’autres moins célèbres mais pas moins amoureux fous de la terre qui les a vu naitre ou mourir.

Pourquoi malgré les déchirures et les blessures nous persistons dans l’erreur et nous continuons à aimer cette terre d’Algérie plus que lui même n’aime la France.

Il a raison.

Il y a bien eu une faute de la République.

Elle a traité comme des parias ceux qui ont fait ce pays, ceux qui sont morts pour la France, dans les régiments de tirailleurs algériens ou de goumiers marocains, ceux qui avec le Général de Montsabert ont enlevé le Monte Cassino, ont libéré Toulon, Marseille et Strasbourg et plus près de nous les 250000 harkis renvoyés à une mort outrageante en 1962.

Que ne met-il son ego surdimensionné au service de cette cause.

Rétablir dans leur dignité ces Français, par le sang reçu et par le sang versé.

Puisque nous évoquons l’Algérie je lui suggère de méditer ce proverbe arabe

« N’ouvre la bouche que si tu es sûr que ce que tu vas dire est plus beau que le silence. »