A bas l’arbitre

Cette injonction fleurit très (trop) souvent sur les travées des tribunes des stades, en particulier lors des matchs de football. Il en est même qui sont, disons, plus osées, voire nettement plus grasses, et nombre d’arbitres auraient, parait-il, découvert leur infortune conjugale lors de ces rencontres à expression débridée.

Mais je m’en tiendrai à la plus « correcte »

Donc, à bas l’arbitre

L’article 5 de la Constitution de la V° République arrête que Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. 

Etymologiquement l’arbitre est celui qui est chargé de la conciliation entre deux parties.

La pratique de l’actuel président  s’éloigne dangereusement de cette définition.

Déjà sous le ministre perçait le président.

Nous avions eu droit aux illettrées de chez Gad et aux alcooliques du Nord. Nous avons eu les gens de rien croisés sur les quais de gare, les gaulois réfractaires et les criminels contre l’humanité. Toutes expressions qui ne témoignaient pas d’une retenue de jugement propice à rendre un verdict équitable sur la population française.
Depuis la crise des gilets jaunes, immédiatement frappés d’infamie, chemises brunes roulant en 4X4 diesel et fumant des clopes et jusqu’à celle de la réforme des retraites venue s’y agréger, le pouvoir, président en tête, s’emploie à dénigrer ceux qui y participent.

Loin de moi l’idée d’en justifier certains excès, malheureusement prévisibles car à la hauteur des non réponses apportées. 

Des faux débats nationaux soigneusement expurgés des contestataires et des contestations, des cahiers de revendications dont la publication intégrale, pourtant promise, est renvoyée aux calendes grecques pour d’obscures mais bienvenues problèmes techniques. 

Dix huit mois de supposée concertation menant à un débat incompréhensible sur les retraites, où même une chatte ne retrouverait pas ses petits, s’apparentant plus à la retraite de Russie qu’à la marche triomphale du pont d’Arcole.

Tout cela sous la condescendance méprisante d’un président à la surdité et l’aveuglement hémiplégique immédiatement repris en choeur, j’allais dire au pas de l’oie, par les thuriféraires politiques, et ….. médiatiques, du pouvoir.

Il y avait pourtant beaucoup de détresse et de souffrance accumulées sur un grand nombre de ronds-points au fin fond de la ruralité et pourtant le président a refusé d’y voir une dignité humaine blessée bafouée et n’y a répondu que par un vulgaire geste monétaire, peut-être nécéssaire, mais tellement insultant. « Prends ton fric et casse toi ! »

Il y avait, il y a, beaucoup de questions sans réponse dans la réforme des retraites auxquelles il est répondu par un flou artistique dont la variabilité et l’opacité sont directement proportionnelles à la vigueur des opposants et en tout cas témoigne d’une rare incompétence non seulement dans la gestion de la crise mais également  dans celle de l’élaboration du projet.

D’ailleurs l’avis du Conseil d’Etat sur celui ci est particulièrement sévère.

Soixante trois pages d’une analyse frisant  régulièrement le réquisitoire relevant les incertitudes liées à la non sureté juridique du texte notamment par rapport à la jurisprudence du Conseil Constitutionnel.

J’y ai relevé entre autres, ce qui me semble le motif le plus dirimant de rejet du projet.

Le Conseil d’État considère que le nouveau système sera favorable aux carrières « heurtées » mais défavorables aux carrières normales !!! Pourquoi pas !! La littérature sur ce sujet évoque déjà largement le cas de bénéficiaires d’aides sociales qui gagnent mieux leur vie que ceux qui travaillent, donc le système perdurera.

Mais surtout :

« Enfin, il retire aux assurés une forme de visibilité sur le taux de remplacement prévisible qui leur sera appliqué, dans la mesure où la pension n’est plus exprimée à raison d’un taux rapporté à un revenu de référence mais à une valeur de service du point définie de manière à garantir l’équilibre financier global du système. » …/…

« De manière plus générale, le Conseil d’Etat relève que le choix d’une détermination annuelle de chacun des paramètres du système, y compris ceux applicables à une génération entière, aura pour conséquence de limiter la visibilité des assurés proches de la retraite sur les règles qui leur seront applicables. »

On ne peut décidément pas affirmer que l’arbitre est d’une totale équité et assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics.

PS: L’avis du Conseil d’État peut être téléchargé ICI

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