Silence on tue

1er novembre 1954.

Un autocar brinquebale sur la ligne Biskra-Aris, dans les Aures, aux confins du désert
A son bord Hadj Sadok caïd – sorte de sous préfet – du douar de M’Chouneche, et un couple d’instituteur Guy et Jeannine Monnerot, originaire de Limoges

A un détour de route des hommes armés font stopper le véhicule et abattent les occupants. Hadj Sadok et Guy Monnerot seront les toutes premières victimes de la guerre d’Algérie
A l’époque n’importe quel élève normalement constitué respectait ses maitres et ses professeurs. Assassiner un instituteur nous semblait la pire des abominations.

N’importe quel musulman respectait un hadj, c’est à dire quelqu’un qui avait fait le pèlerinage à la Mecque. Assassiner un hadj était également une abomination.

Mais surtout ils étaient fonctionnaires et instit. Rien de nouveau sous les couteaux du terrorisme islamiste ! 

Entre 1954 et 1962 environ 75 enseignants ont été tués ou ont disparu en Algérie. C’étaient les ordres du FLN

Toujours les mêmes victimes, toujours les mêmes assassins

Aujourd’hui, dans certains milieux forcement éclairés, on explique que c’est l’islamophobie et le racisme de la société française qui est à l’origine des réactions de défense de certains musulmans.

J’en déduis que pendant la guerre civile en Algérie, entre 1991 et 2002, c‘est l’islamophobie et le racisme de la société algérienne qui a conduit le Front Islamique du Salut et le GIA à massacrer 200 000 algériens et prioritairement des enseignants, des chercheurs, des intellectuels, et accessoirement les moines de Thibirine. Ce n’est pas un hasard. 

27 septembre 1997       Douze enseignants sont assassinés à Sidi Bel Abbes.

30 septembre 1997      Onze institutrices égorgées devant leurs élèves, toujours dans la région de Sidi Bel Abbes.

Toujours les mêmes victimes, toujours les mêmes assassins

20 juin 2017         Funeste anticipation

Des intellectuels et des enseignants universitaires ont lancé, ce mardi, un appel à un grand rassemblement jeudi 22 juin à 10H30 devant le siège du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique pour exprimer leur « indignité » après l’assassinat de ……………..

Karoui Serhane, enseignant à l’université de Khemis Miliana.  

« Karoui Serhane a payé de sa vie l’indifférence, l’impunité, l’irresponsabilité et la banalisation de la violence assassine dans les universités algériennes.Des enseignants et des intellectuels ont condamné, protesté, écrit, interpellé, averti…Pour quel résultat ? Karoui Serhane est assassiné »

Ce texte est dramatiquement d’actualité. Il suffit de remplacer le nom de ce pauvre prof algérien par celui de Samuel Paty décapité à Conflans Sainte Honorine.

Et surtout ce texte démontre bien que l’accusation d’islamophobie pour justifier l’injustifiable est insupportable.

Toujours les mêmes victimes, toujours les mêmes assassins

 

Depuis plus de treize siècles un certain état d’esprit contre le savoir est enraciné. 

Lors de la destruction de la grande bibliothèque d’Alexandrie, selon la légende, étayée toutefois par de nombreuses vraisemblances, le khalife Oumar, à qui le général Âmrou demandait ce qu’il fallait faire des livres, répondit :

Si les livres sont conformes au Coran, le Livre de Dieu nous permet de nous en passer. S’il s’y trouve quelque chose qui soit contraire ils sont sans utilité. Procède donc à leur destruction

Non Monsieur Macron, en assassinant un enseignant ce n’est pas la République que l’on attaque, c’est LA LIBERTÉ.

Dans tous les pays, quelle que soit leur forme de gouvernement, les enseignants, de la maternelle à l’Université, apportent la connaissance et donc la possibilité de faire des choix de vie et de croyance en TOUTE LIBERTÉ.

C’est bien cette liberté de choix et de croyance que le fondamentalisme islamiste rejette partout dans le monde, et donc pour que cette liberté dérangeante ne se propage pas on en tue les vecteurs, on tue les porteurs. On assassine l’Alma Mater.

Le plus abject dans ce drame, c’est qu’ils se soient trouvés des collègues et des supérieurs  de ce martyr, pour dénoncer son acte et pour soutenir, sinon encourager, la meute assassine.

Malheureusement rien de nouveau sous le soleil. Il y avait déjà eu un précédent dans l’académie de Besançon où un prof avait été suspendu quatre mois en 2015 pour avoir publié les caricatures après le massacre à Charlie Hebdo

Je me suis toujours demandé comment des membres éminents de l’Education Nationale, si prompts à dénoncer toute atteinte à leur corporation avaient pu, entre 1954 et 1962 « porter les valises et les bombes du FLN ». Je m’aperçois avec horreur qu’ils ont fait des émules. 

Il est des miroirs où il vaut mieux ne pas se regarder ! 

Dernière question politiquement très incorrecte. Quelqu’un a-t-il la liste et les noms des victimes assassinées à la suite de la publication par Charlie Hebdo de caricatures pas très « sympathiques » du Christ, de la Vierge, ou du Pape, ou de Juifs ??

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