S'il est vrai que la marque infaillible d'un mauvais règne est l'excés des louanges adressées au monarque, on sait ce qu'on doit penser de notre présent régime.

Jacques Soustelle

Patience, plus que ..
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Relevées dans la presse ces jours ci, deux manifestations « d’humour ».

La première, en Corse, primesautière et très « nustrale », la seconde à Paris, glaçante et à la limite d’un aveu d’incompétence par aveuglement idéologique.

En Corse, la Cour des Comptes vient de rendre un rapport « saignant » sur la gestion des chemins de fer de la Corse (CFC). Interrogé par un média local, le président de la société, par ailleurs vice-président nationaliste de l’Assemblée de Corse déclare tout de go :  « La Cour des comptes n’a rien compris au métier des cheminots corses ! »

J’imagine qu’il a, lui une parfaite connaissance du fonctionnement  des chambres régionales des comptes et de la Cour des Comptes.

Plus loin dans l’entretien le journaliste fait état de l’absence de statistiques sur le nombre de voyageurs transportés et l’absence de contrôle de ces voyageurs. La réponse est digne de l’humour corse « Bien sûr qu’on compte les voyageurs ! Il y a des contrôleurs dans tous les trains qui contrôlent tous les voyageurs. En Corse, tout le monde se connaît et les contrôleurs savent bien sur une ligne qui sont les abonnés, cela ne les empêche pas d’être sérieux et de faire leur travail. » Comme le rapporteur de la Cour souligne qu’il a fait 6 ou 7 voyages sans jamais être contrôlé je suppose qu’il a un sosie corse et que le, ou les, contrôleurs l’ont confondu avec un abonné …

A Paris le Procureur de la République François Molins a déclaré le lundi 28 mai  sur BFM TV qu'environ "une vingtaine de détenus" pour terrorisme sortiraient de prison au terme de leur peine en 2018. Un nombre identique de détenus pour terrorisme sont libérables en 2019, a ajouté le magistrat.

"Avant 2016, on ne criminalisait pas (certains dossiers liés au terrorisme), parce qu'on n'avait peut-être pas tout à fait pris conscience du danger de Daech", précise François Molins, pour expliquer pour quelles raisons un certain nombre de mis en cause ont été jugés par un tribunal correctionnel et non par la cour d'assises spéciale pour les crimes terroristes.

Vous avez bien lu : "Avant 2016, on ne criminalisait pas, parce qu'on n'avait peut-être pas tout à fait pris conscience du danger de Daech » !!! c’est à dire du terrorisme islamiste.

Pas dangereux : De 1991 à 2002 deux cent mille morts en Algérie imputables au Front Islamique du Salut et  à son bras armé le GIA. A Paris huit morts et deux cents blessés l’été 1995.

Pas dangereux : de 1994 à 2013, et encore aujourd’hui, les innombrables victimes, et la destruction du patrimoine mondial, des Talibans Afghans et pakistanais et les trois mille morts du World Trade Center à New York

Pas dangereux : l’assassinat au Pays Bas de Théo Van Gogh en 2004

Pas dangereux : la fatwa lancée contre Salman Rushdie

Pas dangereux : en Indonésie les violences et les assassinats contre les minorités chrétiennes par des djihadistes et leurs enfants porteurs d’explosifs

Pas dangereux : les attentats en Allemagne, ou en Grande Bretagne (neuf attentats depuis 2005 ayant fait près de cent morts et mille blessés).

Pas dangereux : les attentats des islamistes tchétchénes ayant fait des milliers de morts et de blessés en Russie.

Pas dangereux : l’attentat de la gare d’Atocha à Madrid en 2004 ayant fait 191 morts et 1858 blessés.

Pas dangereux : les menaces de mort réitérées contre Oriana Fallaci journaliste italienne

Pas dangereux : les morts des Chrétiens d’Orient en Syrie et le martyre des Yazidis

Pas dangereux : Mohammed Kelkal à Lyon, Mohammed Merah à Toulouse et Montauban, et les salopards de  l’attaque contre Charlie Hebdo ou contre Le Bataclan.

Je laisse à chacun des lecteurs le soin, macabre, de compléter cette sinistre énumération…

Nous voilà prévenus : grâce à la cécité purement idéologique de François Molins et de ses congénères juges d’instruction ou magistrats du siège, nous allons nous retrouver d’ici 2019 avec une quarantaine de fous furieux terroristes dans la nature.

Et on va continuer de nous expliquer, grandes tirades et trémolos dans la voix, qu’on ne peut pas faire grand-chose par respect de l’état de droit.

Que je sache il n’y a pas d’état de droit universel. Chaque État souverain défini son propre droit. Naguère dans l’état de droit français il y avait le divorce pour cause d’adultère, la majorité à 21 ans ou la peine de mort. Celle-ci est encore prononcée dans nombre d’états démocratiques.

Le droit civil, le droit public, le droit commercial, le droit fiscal sont sensiblement différents d’un État à l’autre, notamment en Europe. Pourquoi seul le droit pénal devrait s’aligner au plus petit dénominateur commun et en particulier aux injonctions de la cour européenne des droits de l’homme, émanation sans contrôle démocratique du Conseil de l’Europe.

Selon l’article 3 de la constitution « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. »

J’ai envie de dire chiche. 

Je suis certain qu’une consultation du peuple français sur les conditions dans lesquelles il entend être protégé contre le terrorisme et les peines à appliquer aux terroristes serait riche d’enseignement et ramènerait à la raison et le Conseil Constitutionnel et la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

En attendant rions, jaune, de l’humour (involontaire ?) de François Molins.

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