S'il est vrai que la marque infaillible d'un mauvais règne est l'excés des louanges adressées au monarque, on sait ce qu'on doit penser de notre présent régime.

Jacques Soustelle

Patience, plus que ..
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Andouillette1Edouard Herriot, grande figure du radicalisme de la IV° République et prédécesseur de Gérard Collomb à a mairie de Lyon avait sentencé « La politique, c'est comme l'andouillette. Ca doit sentir un peu la merde, mais pas trop »

Je dois dire qu’en ce moment les andouillettes cuisinées du coté du 55, rue du Faubourg-Saint-Honoré sentent un peu fort et notre ami Alexandre n’y est pas pour rien.

Voilà un brave garçon dévoué à son maitre, à la République et aux intéressants avantages qu’elle procure qui aurait un peu malmené - le conditionnel est de rigueur- quelques vieux principes républicains désuets et poussiéreux. 

Une simple tempête dans un verre d’eau et pas de quoi en faire une affaire d’État d’autant que ce pauvre garçon dépassé par son enthousiasme avait été très sévèrement sanctionné par une mise à pied dans une confortable résidence de la République et par une très hypothétique suspension de salaire. C’est vrai que cette atteinte au portefeuille aurait pu être sévère. On lui aurait retenu l’équivalent de deux mois de salaire d’un professeur certifié quasiment en fin de carrière ou pratiquement celui d’un administrateur territorial hors classe hors échelle au bout de 40 ans de bons et loyaux services. Ce qui est intéressant dans la situation de ce quidam c’est qu’il n’a même pas eu à traverser la rue pour trouver un job pas trop mal rémunéré. D’ailleurs, puisque son poste est officiellement vacant à l’Elysée, Manu aurait du recruter ce jeune chômeur au lieu de l’envoyer faire la plonge sur le trottoir d’en face.

Mais revenons au verre d’eau d’Alexandre qui du haut de son insignifiance se permet d’insulter une institution de la République dans le silence impressionnant de ceux là même qui sont chargés de protéger ces institutions. J’avoue que je n’aurai pas été choqué si Mme Belloubet avait demandé au procureur de Paris d’ouvrir une information sur les propos gravement injurieux prononcés par l’ineffable Alexandre à l’encontre des Sénateurs de la République et du Président de la Commission des Lois d’une Assemblée présidée, faut-il le rappeler par le deuxième personnage de l’État. Mais qu’attendre d’une ministre qui a montré tout le mépris qu’elle avait pour les agents de son ministère lorsque, au plus fort de la crise qui a secoué l’administration pénitentiaire elle a déclaré « on n’a pas besoin d’avoir le bac pour être gardien de prison »

On nous rebat les oreilles avec le principe de la séparation des pouvoirs en oubliante le principe tout aussi important de l’équilibre entre les pouvoirs et, tout ce que la camarilla macronienne compte de féaux, se dresse comme un seul rempart pour protéger l’Alexandre.

Le président lui même qui téléphone au Président du Sénat. Le ministre de la Justice qui a deux reprises tance les sénateurs qui sont soupçonnés de ne pas connaitre la Constitution, la Loi, les ordonnances, les décrets, les arrêtés et les circulaires alors qu’il faut rappeler que c’est la Commission sénatoriale des lois qui va instrumenter et qu’on peut raisonnablement imaginer que ses membres connaissent la Constitution, la Loi, les ordonnances, les décrets, les arrêtés et les circulaires.

Le petit Griveaux s’est inquiété et même Castaner, dont le sens de la mesure est connu, craint que le Sénat ne se mette en tête de destituer le président de la République. ( Je sais qu’au moins un de mes lecteurs me rappellera qu’il faut mettre une majuscule à Président mais c’est plus fort que moi, je ne peux pas …)

Toute cette agitation est pout le moins suspecte et je ne ferai pas oeuvre originale en écrivant que l’Alexandre semble être beaucoup plus important qu’on veut bien nous le laisser entendre.

Je ne doute pas que la commission sénatoriale saura évidemment éviter le piège de l‘ingérence dans une procédure judiciaire en cours mais il y a tellement d’autres questions intéressantes à poser.

J’ai cru comprendre que le parquet n’avait pas jugé utile de délivrer au juge d’instruction un réquisitoire supplétif pour « élucider » ni la disparition du coffre d’Alexandre, des documents et des armes qu’il contenait, ni celle de sa compagne . Je me permettrai donc de suggérer aux Sénateurs d’interroger Alexandre sur ce point puisque le parquet lui même l’a exclu de la procédure ……

On a tout de même un peu l’impression, en ce moment, d’être assis entre Yves Montand et Charles Vanel dans le camion du Salaire de la peur.

Commentaires   

0 #1 Epron Geneviève 21-09-2018 19:35
Excellent !
Mais pouvez-vous expliquer pourquoi la presse est muette ?
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